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La vie

Catalogne

Dimanche

Lundi

Mardi

  • Pluie
  • Librairie Torcatis, la Cafetière, etc.
  • Barbecue

Mercredi

Jeudi

  • Maison de Salvador Dali : 2 heures de route
  • ou bien baptême de plongée à Port Vendres (à confirmer)

Vendredi

  • Départ 7h30
  • Déjeuner à Collioure
  • Chemin des douaniers
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Friandises

Quasi-cristaux

assemblage d’atomes dans un quasi-cristal

Une belle conférence de Denis Gratias pour l’université de tous les savoirs.

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Friandises

Théorème de Cantor Bernstein

Soient A et B deux ensembles. Supposons l’existence d’une injection de A dans B et d’une injection de B dans A. Alors A et B ont le même cardinal.

Une démonstration élémentaire est disponible ici.

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Liberalism

Jeffrey Epstein : fin de la récré

According to law enforcement sources, famous socialite and parties organizer Jeffrey Epstein took his own life in jail, Saturday July 10th, 2019.

You were never really here

Allegedly, Epstein’s lawyers had recently been signaling his most powerful friends’ secrets were safe with him ; apparently this was not sufficient to prevent him from committing suicide.

Epstein used to fly such friends as President Donald Trump, former President Bill Clinton, or Prince Andrew Duke of York to his Little Saint James, U.S. Virgin Islands private property, where he was able to entertain them.

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La vie

Sci-fi

Pour mes amis qui s’intéressent au genre fantastique.

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Liberalism

The benefits of privatisation

Former British Airports Authority (now Heathrow Airport Holdings) was privatised under the Airports Act 1986, in July 1987, during Margaret Thatcher’s second term as UK’s prime minister.

In the mid 1960s, Terence Conrad was working on the interiors for Heathrow’s Terminal 1 and the North Terminal at Gatwick. In a 2007 paper, he contrasts the brief he received from the then public-owned BAA with the brief Richard Rogers ulteriorly received from private-owned BAA for Heathrow Terminal 5 building.

  • public-owned BAA’s top priority was the public’s comfort
  • private-owned BAA required no seating for the public, for the benefit of the paying customer

A new kind of apartheid.

Conrad continues by lamenting how much the private behaves in a greedy fashion each time they are entrusted with a monopoly, citing UK national infrastructures: buses, trains, water, power.

France walks down the same hill. Highways, Toulouse airport, natural gas distribution, gambling sector, now Paris airports.

Who benefits from the crime?

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Sentiment d’impunité

Unhindered // Décomplexé (comme le néo-libéralisme).

Fear not, mortal, to reveal your secrets to the benevolent golem.

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Fetishism

Corps torturés

bODY rEMIX, compagnie Marie Chouinard

bODY rEMIX is dedicated to the vulnerability of the body and physical pain, hidden behind the beauty, lightness and grace of the dance. Marie Chouinard, body sculptor and irreconcilable radical, wrings the bodies into flesh / crutches hybrids.

This work, first shown at the Venice Biennale in 2005, is all the more stunning thanks to Louis Dufort’s shattered collage of Glenn Gould’s voice and interpretation of Bach’s Goldberg Variationen.

Parallel to David Cronenberg’s obsession with flesh / machine chimeras : Rosanna Arquette in Crash (1996) and her costume exposed during The Exhibition at the EYE film museum in Amsterdam (2014).

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Investor-State Dispute Settlement

Dix histoires édifiantes.

Imaginez qu’une entreprise se lance dans un projet aux effets dévastateurs pour l’environnement
ou la collectivité, tel qu’une mine susceptible d’empoisonner les ressources en eau de votre région, ou un chantier immobilier de luxe qui forcerait des centaines de personnes à abandonner leur maison. Fort du soutien de votre communauté, vous vous y opposez, les tribunaux statuent en votre faveur et c’en est fini du projet. Du moins le croyez-vous. Mais l’entreprise à l’initiative du projet n’a pas dit son dernier mot et poursuit votre pays pour ingérence dans ses activités. Elle lui réclame des millions voire des milliards de dommages et intérêts, y compris pour d’hypothétiques bénéfices à venir. Imaginez alors que la nouvelle action en justice soit intentée dans une pseudo-juridiction partiale dont les décisions antérieures ont été si catastrophiques pour les pays attaqués que nombre d’entre eux préfèrent jeter l’éponge, parfois même avant que ne tombe la sentence, et acceptent alors de concéder aux multinationales des avantages, quitte à fragiliser leur propre législation.

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La vie

Terra Nullius

Traduction d’un article de Cory Doctorow recommandé par Quinn Norton.

En 1660, John Locke publiait les deux traités du gouvernement civil, dans lesquels il entreprenait de résoudre le conflit apparent entre les droits de propriété individuels (qu’il valorisait) et la Bible (idem) qui énonçait le principe selon lequel Dieu avait créé la Terre et ses richesses pour l’ensemble de l’humanité. Comment un chrétien pourrait-il prétendre posséder quelque chose personnellement alors que Dieu avait voulu sa création soit partagée par tous ?

Pour répondre à cette question, Locke proposa de fonder la propriété sur le travail (labor theory of property) et de définir la propriété privée comme étant ce qui advient lorsqu’un être humain, considérant une part non revendiquée de la propriété commune, la transforme par son travail (chaque humain possède son corps et donc le travail de ce corps), créant un cocktail de propriété : une mesure de nature brute, une mesure de sueur humaine, bien mélanger et servir à perpétuité.

Plus de mille ans avant la naissance de John Locke, les habitants de l’île de Kahiki ont inventé le terme «Aloha», utilisé aujourd’hui dans tout l’archipel hawaïen. Ce mot intraduisible signifie un mélange complexe d’émotions et de sentiments tellement emblématique que l’adhésion à «l’esprit Aloha» fait partie du corpus législatif hawaïen depuis 1986.

Dans les années 1970 (300 ans après la publication des deux traités du gouvernement ), les chefs cuisiniers hawaïens exprimèrent leur esprit aloha dans un plat appelé «poke», un délicieux mélange de poisson cru, servi avec des algues, du riz ou des légumes verts, de la chair de noix de kukui rôtie et broyée et autres variations. En 2012, ce plat s’est répandu sur le continent et a connu de nombreuses variantes nouvelles et délicieuses.

En 2016 (des siècles après «aloha» et Locke, des décennies après «poke»), Zach Friedlander a ouvert à Chicago un restaurant appelé «Aloha Poke». À l’été 2018, son successeur, Chris Birkinshaw, a mandaté le cabinet d’avocats Olson et Cepuritis Ltd pour menacer les restaurants proposant du poke et exiger qu’ils retirent «aloha» de leurs noms commerciaux (Friedlander défendit ces actions et rejeta les critiques comme autant de «chasses aux sorcières» et autres «fake news»).

Finalement, l’indignation générale força Aloha Poke à présenter en geignant des excuses insincères et à battre un peu en retraite.

En lisant ces excuses1 on reconnait le spectre de John Locke derrière chaque mot.

Friedlander, ses collaborateurs et ses investisseurs ont travaillé dur pour créer la chaîne de restaurants baptisée «Aloha Poke». Ces deux mots existaient depuis toujours et personne n’avait pensé les utiliser pour construire un empire national : ayant eu tout d’abord cette idée, et à force de travail, ils ont transformé la richesse brute de la nature en propriété privée.

Ce spectre odieux hante aujourd’hui une grande partie du monde, en compagnie des millions de personnes qu’il a envoyées dans leur tombe.

En 1778, les Européens ont commencé à coloniser l’Australie, que les aborigènes peuplaient depuis plus de 65 000 ans. Ces peuples ne connaissaient pas la théorie de la propriété lockéenne mais ils utilisaient et amélioraient certainement les terres qu’eux et leurs ancètres avaient habitées.

Les Européens – féroces Lockéens – avaient un problème: ils voulaient récolter les richesses du nouveau continent mais selon les critères lockéens, sans l’accord des personnes qui y vivaient déjà, il se serait agit d’un vol.

Pour résoudre ce dilemme, ils appliquèrent la logique d’Aloha Poke co.: les baptisant terra nullius, ils décidèrent que ces anciennes terres communautaires n’appartenaient à personne et entreprirent de les «améliorer» pour en acquérir la propriété. Nombre de ces «améliorations» impliquèrent des actes génocidaires contre les autochtones. Après tout, ceux-ci devaient n’être « rien » puisque les terres n’appartenaient à personne.

La vénalité d’Aloha Poke et la brutalité génocidaire de Terra Nullius révèlent un vice profond dans la conception lockéenne de la propriété : toute chose prétendue brute et vierge est en réalité souvent partie intégrante d’un système subtil d’inter-relations. Du genre qui ne se prête pas à des transactions de type immobilier où une personne disposant de beaucoup de moyens peut acheter un bien à son «propriétaire».

La théorie du travail comme fondement de la propriété commence toujours par un effacement: « Toutes les personnes qui ont créé, utilisé et amélioré ce bien avant moi faisaient quelque chose de banal et sans importance – mais ma contribution est l’avancée décisive qui a permis de transformer la chose brute et vulgaire en un produit spécial, unique, abouti. »

Faire remarquer cette illusion d’exceptionnalisme individuel expose l’incrédule à une sorte de perplexité offusquée : « Ne voyez-vous pas à quel point mon travail de très haute qualité s’est mélangé à cette ressource naturelle pour l’améliorer ? Quels entrepreneurs voudrons donner leur énergie pour de futurs projets si, chaque fois qu’ils le font, des fainéants et des parasites viennent profiter sur leur dos ? »

Cette déclaration rhétorique parfait l’effacement: elle nie les droits de tous ceux qui ont précédé le titan lockéen comme s’il s’agissait de fantasmes sans fondement historique. Ceux qui ont inventé, popularisé et nourri le mot « aloha » ou habité le continent australien sont dépouillés de leurs revendications, telles des abeilles domestiques dont il est convenable que le miel revienne à l’apiculteur, pas à l’essaim.

Les péchés du colonialisme abondent de ce genre de délires lockéens. La doctrine de la Terra nullius fut appliquée par toutes sortes d’Européens à toutes sortes de « nouveaux mondes ».

Elle est également au coeur des débats les plus pernicieux sur la « propriété intellectuelle ». Les aspects de la composition musicale que les Européens réifient – la mélodie – sont éligibles au droit d’auteur, mais les aspects typiquement afro-caribéens – polyrythmie complexe – ne le sont pas. Par conséquent, les Beatles ont pu s’approprier les progressions et les rythmes R&B pour créer une nouvelle musique, mais malheur à l’artiste hip-hop qui s’inspire des Beatles aujourd’hui. Les Beatles ont amélioré la nature brute (R&B), tandis que les échantillonneurs volent la propriété du label de disques des Beatles.

Indépendamment du fait que les délires lockéens sont souvent pétris de racisme, les débats sur la « propriété intellectuelle » remettent également en cause l’égalité des chances.

L’invention est une activité extrêmement personnelle mais néanmoins déterminée par la société. Comme le décrit Kevin Kelly dans son livre de 2010 intitulé What Technology Wants , la plupart des inventions majeures de notre espèce ont été des phénomènes récurrents : la télévision, la radio et autres « découvertes » se sont produites de manière plus ou moins simultanée et indépendante, partout dans le monde.

Kelly propose l’explication du « possible adjacent » : les idées se suggèrent plus ou moins continuellement, mais ne peuvent se réaliser que lorsque les conditions nécessaires sont enfin réunies.

Par exemple, un Leonard de Vinci a observé le vol des samares d’érable, envisagé l’action d’une vis et esquissé quelque chose qui ressemblait à un hélicoptère. Mais l’hélicoptère n’a pu être fabriqué qu’à l’ère de la métallurgie, de l’aérodynamique, des moteurs, etc. Plus ces domaines étaient proches de le la maturité, plus l’hélicoptère devenait évident. Une fois les conditions furent réunies, ce fut l’heure de l’hélicoptère et on en vit apparaître partout, en même temps.

Mais du point de vue de chaque inventeur, il a fallu un éclair de génie et beaucoup d’investissement. Tel un titan lockéen il a fécondé la substance brute du monde par son travail et son imagination pour créer une chose jamais vue auparavant.

Ce titan a presque raison, à deux considérations près.

Premièrement, les éléments combinés pour concevoir l’hélicoptère ne sont pas du tout des matières brutes: ce sont des produits finis, dont d’autres sont les inventeurs, aussi légitimes que notre titan.

Deuxièmement, même si notre titan n’avait pas existé, nous aurions quand même l’hélicoptère. Quand l’heure de l’hélicoptère est arrivée, vous voyez arriver des hélicoptères. Notre titan n’est pas isolé, il fait partie d’une cohorte.

Il est naturel de se sentir titan lockéen lorsqu’on a une inspiration et qu’on la mène à bien : il faut généralement beaucoup de travail, de sacrifices, d’imagination.

La vérité honnête est que les titans lockéens sont treize à la douzaine. L’univers alternatif dans lequel je n’ai jamais écrit de roman, est peuplé d’autres personnes, influencées par des phénomènes similaires et des tendances littéraires similaires, qui ont écrit des romans comparables aux miens. Demandez à n’importe quel éditeur: les livres et les histoires sont regroupés, et pas seulement parce que les gens copient ce qui marche, mais parce que ce qui marche est Zeitgeisty : capture l’esprit du moment.

Un titan lockéen qui a réussi, est comme une bactérie staphylocoque qui parvient à percer la peau de son hôte pour provoquer une infection : oui, vous aviez toutes les caractéristiques nécessaires pour devenir viral, mais vous avez également eu la chance d’être au bon endroit au bon moment, et si vous n’y aviez pas été, quelqu’un d’autre l’aurait été .

Le fait de vivre à un moment où les marchés seuls déterminent la valeur de quelque chose – et donc si son créateur aura une vie digne – a élevé le délire lockéen et son effacement au rang de catéchisme.

Ce ne sont pas seulement les inventeurs et les créateurs – craignant l’indignité de la pénurie dans une société sans filet de sécurité – qui disent des choses comme : «  J’ai travaillé très fort là-dessus, je l’ai créé, qui es-tu pour le retravailler » (et traiter les formes musicales ou le genre littéraire ou les conventions ou les progressions d’accords ou les références que j’ai pillés comme une Terra Nullius implorant d’être mélangée avec mon travail).

C’est le financier (« Qui financerait la production de livres, de musiques et de films originaux sans le droit d’empêcher les gens d’utiliser « nos » œuvres dans leurs œuvres dérivées non originales ? »).

Et c’est le parasite (« Je ne suis pas un troll des brevets ! Sans des personnes comme moi, prêtes à acheter les inventions de titans lockéens comme la personne dont le nom apparaît sur ce brevet, personne n’inventerait plus rien : le fait que je ne fasse rien d’autre que des procès pour extorquer de l’argent aux personnes qui conçoivent des objets utiles n’est pas important, car cette activité d’extortion crée un marché pour les inventions, qui récompense les titans lockéens, sans lesquels le progrès serait bloqué. »)

Le héros randien est délirant: ses réalisations (toujours « siennes ») en font un profiteur au dépends des personnes dont il a effacé les contributions, qui de surcroît bêle que tous ceux ayant eu la même idée que lui la lui auraient volé, alors qu’ils ont simplement partagé les mêmes influences. Et si ce comportement n’est pas intrinsèquement raciste, sexiste ou discriminatoire, force est de constater que lorsque vous arnaquez et dénigrez d’autres personnes, il est beaucoup plus facile de vous en sortir si vous êtes un homme riche et blanc.

Le problème est que la réglementation protégeant la propriété – en particulier lorsqu’elle est appliquée aux idées – exige une conception simpliste et irréaliste du titre. Edgar Allan Poe a inventé les histoires policières (au même moment où plusieurs autres personnes inventaient les histoires policières), et son invention a été améliorée de multiples façons par des praticiens aux idées brillantes. Pour organiser la paternité sur ce marché, nous devons soit donner à la succession d’Edgar Allan Poe une redevance chaque fois que nous écrivons une histoire policière, soit renoncer à monétiser la contribution de Poe.

Mais nous pouvons aussi voir les choses sans recourir à la propriété. J’ai écrit mes livres. J’ai travaillé dur. J’ai réellement fait preuve d’imagination et j’ai contribué au domaine.

Cependant : je les ai écrits parce que j’ai lu les œuvres de mes pairs et de mes ancêtres. Si je ne les avais pas écrits, telle ou tel autre aurait écrit quelque chose de comparable.

Tout cela peut être vrai. Tout cela est vrai. L’originalité existe, mais pas dans le vide.

Les descendants des colons ont réalisé de belles choses (et aussi d’autres laides et brutales), et la réconciliation avec les peuples autochtones ne nous oblige pas à répudier ces réalisations, mais à reconnaître leur contexte, les injustices dans lesquelles elles plongent leurs racines et à travailler pour réparer ces torts.

D’autre part, je n’imagine pas déjeuner à Aloha Poke co. de si tôt. Je n’ai aucune idée si c’est bon, mais ces gens sont une bande de connards.